R-O-S-E-fic

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Bienvenue sur mon blogue pour le Christmas Chal...

    Cest avec un retard plus que monumental que j'annonce... que le deuxième chapitre vient d'être reposté (23/04/2017)

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24/07/2016

R.O.S.E

 
Rencontre. 

Ouverture.

Souffle. 

Épanouissement.


Entre un pianiste, un pull rose, un étudiant un peu perdu et des cafés il peut se passer bien des choses.

 
 
 

13/11/2016

Sommaire des chapitres :
 
Partie 1 : RENCONTRE

 
Chapitre 1 : Timidité  Posté
Chapitre 2 : Habitudes Posté
Chapitre 3 : Médiocrité 
Chapitre 4 : Légèreté 
Chapitre 5 : Échec 
 
Partie 2 : OUVERTURE
 
Chapitre 6 : Conséquences 
Chapitre 7 : Courage, fuyons 
Chapitre 8 : Détente 
Chapitre 9 :Poison 
Chapitre 10 : Silence 
 
Partie 3 : SOUFFLE 
 
Chapitre 11 : Point Positif 
Chapitre 12 : Opportunité
Chapitre 13 : Belle chute
Chapitre 14 : Espoir
Chapitre 15 : Désastre
 
Partie 4 : ÉPANOUISSSEMENT 
 
Chapitre 16 : Vérité
Chapitre 17 : Grave erreur
Chapitre 18 : Rêve
Chapitre 19 : «Les cons resteront des cons»
Chapitre 20 : Enfin
 
5 Bonus

1. La naissance
2. Le choix 
3. L'horreur
4. Le piège
5. Les souvenirs

20/09/2016

R.O.S.E
 

 
Partie 1 : Rencontre.


 
Chapitre 1 : Timidité.



Fall in love in a coffee shop - London Pigg

Il est moche. Il n'est pas très moche, mais il est moche tout de même.
Harry a décidé de le porter. C'est un pull rose plus tellement rose. C'est un pull rose très pâle. Harry n'aime pas forcément ce pull, mais, comme à chaque année, il va le porter pour la journée.
Harry Styles a beau avoir 21 ans, il est déjà un jeune homme de traditions. À Noël, il porte un pull rouge et vert. À la Saint-Valentin, un pull rose. À pâques, il porte un pull avec un motif d'½uf un chocolat et a Halloween il se déguise en fantôme. Cela a toujours été comme ça et cela lui convient très bien.
Cette année, il va encore passer la Saint Valentin tout seul – il l'a toujours passé seul- et même si au lieu d'aller à un diner romantique il va réviser, ce n'est pas grave, il porte son pull rose. Comme chaque année.
 
Les yeux fixés sur son ordi, des livres ouverts recouvrant la table, un moka posé juste à côté de lui, il est concentré. Il ne doit pas se manquer. Il est en pleine session, et les examens approchent. Il n'y comprend pas grand-chose, alors il s'accroche, il révise. Même s'il n'arrive pas à comprendre le sens des phrases qu'il lit ou qu'il écrit, ce n'est pas grave. Il révise. Son appartement est merdique, il n'a plus d'électricité parce qu'il a oublié de la payer et il y a du bordel partout. C'est un mélange de choses toutes simples comme celles-ci qui font qu'il se retrouve à Starbucks pour réviser. C'est la fin de l'après-midi, il n'y a plus beaucoup de monde, c'est calme et il y a le wifi gratuit, c'est parfait pour lui.
C'est quand il prend une dernière gorgée de son café qui est maintenant glacé qu'il se préoccupe de l'heure. Il regarde son téléphone et écarquille les yeux. 20h00. Instinctivement, il tourne la tête vers la fenêtre : la ville est toujours éclairée par mille et une lumières , mais la nuit est sombre. Il commence à ranger ses livres en catastrophe quand une voix le fait sursauter.
-Pas besoin de te presser, t'as le temps.
Harry se retourne vivement. C'est un jeune homme de derrière le comptoir qui vient de parler. Il ne reste plus que lui d'ailleurs, tout le café est vide.
-Je te demande pardon ?
L'inconnu sourit en haussant les épaules.
-Je te vois commencer à ranger tes affaires en quatrième vitesse, t'inquiètes pas, tu as le temps.
- Le café ne devrait pas déjà être fermé depuis longtemps ?
Le garçon du comptoir commence à rigoler légèrement.
-Une demi-heure. Mais tu avais vraiment l'air concentré alors je n'ai pas voulu te déranger.
Concentré à lire des cours qu'il ne comprend même pas. Harry se sent rougir et il se concentre encore une fois sur les cahiers qu'il range dans son sac. Il sursaute une deuxième fois quand il entend un bruit près de lui. Il relève la tête et voit le jeune inconnu, maintenant assis en face de lui, qui lui sourit. Harry lui renvoie un sourire gêné.
-Je croyais que tu étais une fille, quand je t'ai vu tout à l'heure.
Harry se fige complément, il baisse le regard et pince les lèvres. Il reste quelques secondes de plus immobiles dans l'attente d'une réponse qui ne vient pas. Il se relève vivement quand il sent une main s'agripper à son bras.
-Ne pars pas! Je ne voulais pas t'offenser, c'est juste qu'avec ce que tu portes et le fait que je ne te voyais que de loin... Bah... J'ai eu un doute. Excuse-moi, vraiment.
Oui, Harry porte un pull rose un peu trop grand parce que c'est la Saint-Valentin. Oui, il porte des pantalons ultras serrés parce qu'il trouve que cela met sa minceur en valeur. Oui, il porte une queue de cheval parce qu'il a les cheveux trop longs et bouclés et qu'il déteste les chignons. Oui, il porte du vernis à ongles transparent un peu brillant parce que cela fait joli. Et alors ? Cela ne le  dérange pas de paraitre féminin,  tout ce qu'il veut c'est aimé ce qu'il porte. Se plaire aussi à lui-même. Mais là, il a un doute. Il regarde le jeune serveur qui a l'air tout désolé et soupire avant de se rassoir.
-Je m'appelle Louis.
- Je m'appelle Harry.
Ils se regardent sans parler et après un moment, Louis brise le silence. Il pose les coudes sur la table et appui sa tête sur ses mains.
-Alors, c'est sur quoi que tu étais si concentré tout l'après-midi ?
Il a l'air vraiment intéressé, il ne quitte pas Harry des yeux et celui-ci trouve cela bizarre, il fixe son attention sur un de ses livres.
-Mes cours.
Il relève la tête. Il voit Louis qui hoche la tête.
-Quoi, comme cours?
-Littérature, mais je crois que je vais m'en aller vers la psycho.
Louis fronce les sourcils et parait surpris.
-T'aimes pas ça, la littérature?
Le jeune homme au pull rose esquive un sourire et hausse les épaules.
-Si, mais c'est trop de travaille et je n'y comprends rien.
-Alors pourquoi tu as choisi littérature ?
-Parce que je pensais que j'allais aimer ça.
- Mais tu n'aimes pas ça ?
C'est une question à laquelle il a déjà répondu et il est légèrement surpris. À en voir l'expression de Louis, il a l'air presque troublé par le fait que Harry suive un programme qu'il n'aime pas. Il a le regard dans le vague et a l'air de marmonner des choses tellement faiblement que le bouclé ne comprend pas. Il passe une main devant son visage et Louis sursaute avant de relever la tête.
- Excuse-moi, j'étais... Dans mes pensées.
-J'ai vu ça.
Ce n'est pas de sa faute si Louis a l'air blessé par sa réponse. Au moins il a été honnête. Harry se racle la gorge et passa la langue sur les lèvres.
-Et toi tu fais quoi à part travailler ici ?
Il voit le jeune homme en face de lui froncer les sourcils et il se rattrape tout de suite.
-À moins que... tu travailles juste au Starbucks et...c'est cool parce que... C'est bon le café et...
-Je suis pianiste.
Il a envie de remercier Louis de l'avoir sorti de ce grand moment de solitude, mais à la place il rougit fortement. Le serveur l'a remarqué, il a un petit sourire sur le coin des lèvres. Le bouclé sourit faiblement et se racle la gorge.
-Et tu étudies où ?
-Royal Academy of Music.
Harry est impressionné. Il hausse les sourcils et se mord la lèvre. Il sait que cette école est reconnue dans le monde entier et qu'il faut se battre pour y être accepté. Il ne connait pas bien le monde de la musique, mais il sait déjà que Louis doit avoir un très bon niveau. Il baisse le regard sur ses mains. Elles sont assez petites, elles ont l'air agiles et ses ongles sont très bien coupés. Il entend le pianiste ricaner et relève le regard, un peu rouge.
-T'es le premier qui fait ça.
-Qui fait quoi ?
-Tu as regardé mes mains quand je t'ai dit que j'étais pianiste. Personne ne fait ça.
Oh. Oh.
Le boucler hausse les épaules timidement et sourit.
-C'est une mauvaise chose ?
-Pas du tout. C'est marrant.
. Harry souffle, soulagé. Il n'est pas très doué pour ça, les relations humaines. Il a toujours l'impression de dire la mauvaise chose au mauvais moment.
Alors quand il voit Louis lui lancer un sourire chaleureux, cela lui donne espoir..
-T'es timide on dirait, remarque Louis après un moment.
-On ne se connaît pas.
Le ton n'est pas sec ni cassant, juste très formel.
Là, le serveur est pris de court et éclate de rire. Harry fait un petit sourire et se force à ricaner légèrement lui aussi.
-T'as raison on ne se connaît pas. Mais tu m'as l'air d'un mec intéressant. Tu me parler un peu de toi ? Demande Louis après avoir retrouvé son calme. Ses yeux fixent le bouclé et il attend réellement une réponse, il a l'air réellement intéressé. Encore une fois, Harry est surpris. Il n'a jamais intéressé personne, il ne s'est jamais considéré comme un type intéressant et cela lui va très bien comme ça. Harry Styles est un mec simple qui mène une vie banale. Il ne faut pas aller chercher plus loin, il ne faut jamais aller chercher trop loin. Louis est, selon Harry, un mec étrange, il lui demande des choses. Il s'intéresse. Il écoute. Il n'a pas cessé de le fixer depuis qu'il a posé sa question, attendant la réponse et cela perturbe Harry, alors il répond :
- Je. Hum...Je suis un type assez banal.
Louis hausse les sourcils et secoue la tête.
-Je suis sûr que t'es brillant.
-Pourquoi ?
-Tes bouquins.
Harry secoue la tête à son tour et il trouve la force nécessaire pour planter son regard dans celui du jeune homme en face de lui.
-Ce ne sont que des bouquins. Ce n'est pas le fait que je les lis qui me rend brillant, remarque-t-il avant d'ajouter, je n'y comprends rien à ces livres en plus.
Il n'a rien dit de bizarre, il a dit ce qu'il pensait et pourtant Louis le fixe maintenant comme s'il avait vu un fantôme. Il a un regard étrange, sombre, trop sombre pour ses yeux bleu turquoise et trop lourd pour que Harry ne comprenne à quoi il pense. Il fixe toujours le bouclé et le silence se fait pesant. Il beug, il est immobile, il ne réagit plus. Au bout d'un moment, Harry passe sa main devant son visage.
-Louis ?
Sursaut, grande respiration. Comme s'il venait de revenir à la vie. Et puis il cligne des yeux.
-Je... Je l'ai encore fait, hein ?
Le bouclé hoche la tête. Louis baisse le regard et commence à jouer avec ses doigts.
-Désolé... Ça me... Ça m'arrive assez souvent.
Harry hausse les épaules.
-T'as pas à t'excuser, ça fait bizarre, c'est tout.
- Ouais, je sais, répond le serveur d'une petite voix, puis il se racle la gorge et se passe les mains sur le visage.
Harry se redresse sur son siège et aborde un petit sourire.
-Et alors, toi qui es pianiste, tu joues quoi ?
-Du piano.
Louis répond très rapidement sans réfléchir et Harry ricane doucement.
-Comme morceaux, tu joues quoi comme morceaux ?
-Oh. Et bah... À peu près de tout.
Le bouclé hausse les sourcils.
-Et t'es doué ?
Louis fronce les sourcils, il semble chercher une bonne réponse. Une réponse ni trop vantarde, ni trop modeste. Et puis finalement :
-Oui. Pour être admis à l'Académie, il faut être bon. Alors oui, je pense que je suis bon, répond-il et puis il hausse les épaules, mais je suis loin d'être le meilleur...
Harry a vu. Il a vu comment il a frissonné en prononçant cette phrase, il a même entendu son ton se remplir de regret et de tristesse. Il en conclut   alors que même si Louis ne trouve pas qu'il est le meilleur, il veut le devenir. Il s'apprête à répondre, mais Louis reprend la parole.
-C'est quoi ton livre préféré ?
Harry est pris de court, il fronce les sourcils et ne réfléchis pas longtemps avant de répondre.
-Le portrait de Dorian Gray, je crois.
-Tu crois ?
Dans le regard du châtain, il y a la même incompréhension que tout à l'heure quand il a demandé deux fois à Harry s'il n'aimait pas la littérature et qu'il n'avait pas l'air de comprendre pourquoi il avait choisi ce programme s'il n'aimait pas ça. Cette fois, Harry secoue la tête et fait un petit sourire.
-C'est mon livre préféré, le portrait de Dorian Gray.
Louis semble rassurer par la réponse et hoche la tête en lui offrant un petit sourire satisfait.
-Una Mattina, c'est mon morceau de piano préféré.
Harry hausse un sourcil. Louis le regarde, amusé.
-Ludovico Einaudi, tu connais ?
Harry reste le sourcil haussé et secoue la tête, incrédule.
-C'est un vieux compositeur ?
Louis laisse échapper un petit rire.
-Au moins, lui, il est encore vivant.
Harry sourit, un peu gêné. Louis reprend la parole avant lui encore une fois.
-Je parie que tu pensais que tu pensais qu'il n'existait que Beethoven ou Mozart comme compositeurs ? demande-t-il avez un sourire joueur qui fait rougir Harry. Il a déjà rougi beaucoup trop de fois depuis le début de leur conversation.
-Ouais, avoue-t-il un peu piteux. Je ne m'y connais pas vraiment en compositeurs classiques.
Louis ne fait que hausser les épaules.
-Comme tout le monde, j'ai l'habitude.
Le bouclé se mord la lèvre, ayant toujours honte. Louis lui sourit doucement et fronce les sourcils.
-Hey, ça va ? Tu n'as pas l'air très bien.
Harry relève le regard et lui adresse un faible sourire.
-Tu sais, t'as pas à te sentir mal parce que tu ne connais pas ce dont je te parle, déclare-t-il gentiment, justement, comme tu n'y connais rien, je vais pouvoir t'apprendre.
-Ça me plairait bien, oui, répond Harry dans un chuchotement. Et le sourire que lui lance Louis contient une promesse.
- Qu'est-ce qu'il t'attire dans la psychologie ? Qu'est-ce que t'aimes ?
Demande alors soudainement celui-ci. Il est redevenu tout à fait sérieux, il fixe encore Harry, comme à chaque fois qu'il lui pose une question et qu'il attend vraiment la réponse.
-Le côté humain, je pense. Ce sentiment de pouvoir aider quelqu'un dans le besoin. Se sentir utile. J'aime me sentir utile. Répond le concerné avec toute honnêteté. Louis n'a pas l'air complément d'accord avec ça et c'est d'ailleurs pour ça qu'il s'empresse de parler.
-Oui, mais on peut se sentir utile quand on est pompier, flic, docteur ou même électricien. Alors, pourquoi psychologue ? demande-t-il vraiment intrigué.
C'est juste, très juste comme remarque et Harry se demande d'ailleurs pourquoi personne ne lui a jamais demandé ça. Enfin si, il sait, personne ne s'intéresse assez à lui pour lui faire la réflexion.
-J'aime observer les gens, lâche Harry après un moment, j'aime les regarder et imaginer à quoi ils pensent, essayer d'imaginer la vie qu'ils mènent, sont-ils heureux, sont-ils tristes... J'aime pouvoir m'intéresser à autre chose que ma vie. Quand on est psychologue, on est gardiens de secrets, les gens se confient à nous. Ils racontent leur vie, nous font confiance et on les écoute pour ensuite les aider. Souvent, on réalise aussi que notre vie n'est pas si mal, ou au contraire, trop ordinaire. Ça fait réfléchir et j'aime réfléchir. Voilà pourquoi j'aimerais devenir psy.
Il relève le regard et croise celui de Louis qui a la bouche légèrement entrouverte et qui le regarde insistance. Pendant un bref instant, Harry croit que Louis a encore un moment d'absence puis celui-ci se met à sourire. Un grand sourire, un sourire à dents blanches. Un vrai sourire.
-C'est beau ce que tu dis, Harry, déclare-t-il avec de l'émotion dans la voix. Le bouclé hausse les épaules et un demi-sourire se forme sur ses lèvres.
-Merci à toi.
Louis fronce les sourcils, Harry pense qu'il devrait peut-être s'expliquer puis il décide qu'il le fera plus tard. Quand ils se connaîtront mieux. Le châtain en face de lui se racle la gorge et mord la lèvre.
-Je peux te poser une question un peu personnelle ? demande-t-il doucement. Harry le regarde sans vraiment comprendre et finit par hocher la tête lentement.
-D'accord, mais je ne peux pas te promettre que je vais te répondre. Ça dépend de ta question.
Louis arque un sourcil et sourit.
-D'accord.
Il y a un moment de silence assez étrange avant que Louis ne se lance encore.
-Pourquoi tu t'habilles comme une fille ?
La question est posée. Les mots résonnent à travers le café vide et Harry ne veut pas les entendre. Il sent son c½ur s'accélérer et ses mains commencent à trembler. Il serre la mâchoire. Louis le remarque et le regarde d'un air tout désolé.
- Excuse-moi, je n'aurais pas dû.
Quand le bouclé ouvre les yeux, il pose sur lui un regard bienveillant, puis sourit. Sa nervosité semble s'être très vite dissipée.
-Je te le dirais un jour.
Et cela sonne comme une promesse. S'en est une et Louis l'a compris, un sourire se dessine sur ses lèvres à lui aussi.
-Je suis trop curieux.
-Et moi trop renfermé.
Ils se regardent, souriants. Le malaise est vite passé, effacé par des excuses et des sourires sincères.
Louis s'étire, bâille et sort son téléphone de sa poche. Il écarquille les yeux quand il voit l'heure qui s'affiche à l'écran.
-Harry! Il est minuit et demi!
Le grand bouclé au pull rose se redresse vivement sur sa chaise. Il range vite ses affaires.
-J'ai cours demain moi, s'écrit-il et quand il relève la tête, Louis est déjà parti derrière le comptoir et est passé par la porte réservée aux employés, pour aller se changer. Harry  regarde dehors et se dit qu'il devrait foncer pour attraper un dernier métro puis, il soupire. Non, il va l'attendre. Quand Louis ressort quelques minutes plus tard, habillé d'un simple jean et tee-shirt, l'air surpris, il lui sourit.
-Tu m'as attendu, constate le plus petit des deux.
Il y a tellement de reconnaissance dans sa voix qu'Harry se félicite intérieurement d'être resté.
-Bah ouais, répond-il avec un simple hochement d'épaules. Puis il ajoute en souriant : -C'est quoi, ton numéro ?
 
C'est le c½ur léger et la tête totalement ailleurs, ne pensant pas à leurs grosses journées du lendemain, que les deux jeunes hommes quittent le café. Après s'être échangé leurs numéros, les joues rougies et le sourire timide, ils se sont serré la main. Harry est parti à gauche, Louis est parti à droite. Harry a envoyé un message et Louis y a répondu, en souriant comme un idiot. Louis a envoyé un message et Harry y a répondu, en souriant comme un idiot.
Ils sont deux idiots qui pour le temps d'une soirée, ont tout oublié.

02/12/2016






Chapitre 2 : Habitudes

Nuvole bianche - Ludivico Einaudi.

 
Louis est réveillé par le son du violoncelle de sa s½ur qui joue un concerto de Bach. Son préféré du moment. Les notes chantent à travers les murs et amènent un aspect apaisant dans la maison. Le pianiste sourit et s'étire longuement, se réveiller en musique est la meilleure façon de se réveiller selon lui. De toute façon, très rare sont les fois où il ne s'est pas réveillé aux sons d'un instrument classique. Il se hisse du lit et très vite, descend les très grands escaliers en marbre qui mènent au salon. Sa s½ur est la, au milieu de la pièce, totalement possédée par la musique. Les yeux fermés, les doigts glissant avec aisance sur son violoncelle, son archet grinçant à la perfection contre les cordes. Louis reste immobile, près des escaliers et trouve sa s½ur n'a jamais aussi bien joué ce concerto. Quelques minutes plus tard, sa s½ur relève la tête après avoir joué la dernière note. Un sourire surpris se peint sur son visage quand son regard tombe sur son frère.
-Oh, Lou ! Je t'ai réveillé ? Demande-t-elle tout en commençant à nettoyer son instrument. Il rit doucement et s'avance un peu.
- Je suis là depuis quelques minutes déjà, répond-il. Il voit sa s½ur rougir légèrement et astiquer avec plus de ferveur son violoncelle.
- Je ne t'ai pas vu, déclare-t-elle avant de relever le regard, je me suis perdue dans la musique. Tu comprends de quoi je parle, finit-elle avec un clin d'½il.
Ils sont une famille de musiciens, à chaque fois qu'ils parlent de musique -c'est à dire à peu près tout le temps- ils se font des petites remarques comme ça, pour prouver qu'ils partagent une passion et qu'ils sont unis. Une connerie.
Louis hausse alors les épaules vaguement.
-Ouais, j'vois ce que tu veux dire, dit-il sans grande conviction. Sa s½ur hocha la tête et se leva.
-Va prendre ton petit déjeuner, tu vas être en retard.
Il soupire et roule les yeux avant de se diriger vers la salle à manger. Il s'assoit et entreprend d'éplucher une orange quand il entend une voix dans le salon qui le fait frissonner.
-C'était très bien Charlotte, mais tu devrais faire plus attention au rythme. Tu étais en retard pendant quelques mesures vers la fin, penses à bien la travailler.
Ce n'est pas dit d'un ton cinglant, mais ce n'est pas encourageant non plus. Louis serre la mâchoire et baisse la tête. Il ne le voit pas, mais il entend ses pas arrivés derrière lui.
-Bonjour Louis, dit-il d'un ton neutre. Le concerné déglutit difficilement et relève finalement le regard puis hoche la tête, sans rien dire.
Son père lui jette un regard vicieux et un début de sourire carnassier apparaît sur ses lèvres.
-Bonne journée, quand tu rentreras, on retravaillera ces variations avec lequel tu as tant de mal. Il est temps que tu progresses Louis.
Le ton a nettement changé. S'il était neutre il y a quelques instants, il est maintenant condescendant.
Louis frémit et ferme les yeux, réprimant un gémissement. Il était heureux à son réveil, et la sa journée vient d'être gâchée avant même qu'elle commence vraiment. Le père, impassible à la réaction de son fils, se contente de tourner les talons pour disparaître dans la grande cuisine.
Disparaître. Fondre. Se transformer en chaise. Ce sont les options qui se présentent dans l'esprit de Louis même si il sait pertinemment qu'elles sont impossibles. Il regarde son orange à moitié épluchée et l'idée de manger lui tord le ventre. Il va se passer de petit déjeuner, comme à chaque fois que son père vient lui parler le matin. Sa s½ur apparaît à son tour dans la salle à manger, elle lui jette un regard triste. Il lui offre l'ombre d'un sourire.
-Moi je l'ai trouvé bien, ton concerto. Tu y as mis toute l'émotion besoin pour le rendre magnifique, déclare doucement Louis. Charlotte s'assoit à côté de lui et pousse un immense soupire, ses épaulées s'affaissent. On dirait qu'elle porte un poids invisible  trop lourd pour elle. Louis le connaît ce poids, le poids des critiques de leur père.
- J'ai franchement pendant quelques secondes, quand je l'ai vu arrivé, qu'il allait me féliciter. Sur toute la ligne.
Louis grimace quand il entend le ton franchement déçu de sa s½ur. Sur le moment, il la trouve vraiment naïve d'être encore déçue par ce que son père peut dire. Puis il réalise qu'on ne s'y fait jamais vraiment. On ne peut pas. Alors, il entoure sa taille de ses bras et la colle à lui. Il entend sa respiration un peu saccadée et il devine qu'elle pleure. Il lui embrasse le haut du crâne et soupire. Il a déjà vécu cette scène, trop de fois.
 
Quand il franchit les grandes portes de l'école, il ne pense plus trop à son père.
 Avant de partir, il s'est assuré d'avoir bien consolé sa s½ur et est parti rapidement  après avoir réalisé qu'il était en retard.
Il se dirige d'un bon pas vers le studio où son professeur l'attend, un sourire sincère aux lèvres.
 
Cela fait une heure et demie qu'il est penché sur son piano, les yeux rivés sur la partition et les doigts courants à toute vitesse sur les touches. Il s'arrachait les cheveux s'il n'était pas en plein milieu du morceau, à essayer de suivre les notes qui défilent devant ses yeux. Puis, dans un grand geste dramatique, il lève les bras pour écraser ses mains sur les touches. Le son est horrible. Son professeur jusqu'ici pas très attentif, sursaute et écarquille les yeux. Louis se tourne sur son siège pour le regarder et soupira longuement.
-Je n'en peux plus ! Je ne peux plus continuer à jouer ça, je ne m'aime pas ces morceaux !
-Alors, arrête et joue ce que tu aimes jouer.
Louis fronce les sourcils et réfléchit deux secondes avant de commencer à trembler des mains très légèrement.
-Mais je dois progresser, fait-il en se redressant, essayant d'être le plus convaincant possible.
Ça marche à moitié.
-Mais tu n'aimes pas les jouer, il n'y pas de sentiment quand tu joues ces variations la Louis, il y a juste de la vitesse et de la technique.
L'élève hausse les épaules, mais sa conscience lui cri que sa conscience a bien raison. Puis il sort un misérable :
-Je dois continuer à m'entraîner, j'ai un concert bientôt.
C'est au tour du professeur de hausser les épaules, puis d'aborder un petit sourire un peu vicieux
-Si tu veux, mais je viens de recevoir le recueil de Ludovico Einaudi, je me disais que tu voudrais y jeter un coup d'½il quand tu aurais assez travaillé.
Louis tourne vivement la tête et même s'il était désespéré il y a quelques secondes, ses yeux reflètent maintenant les éclairs d'une envie, d'une passion. Il est bien réveillé et sur le moment, déteste le vieil homme de lui faire un coup pareil. Puis il décide de craquer.
-Je peux ? demande-t-il presque timidement, comme s'il n'y croyait pas.  Le plus vieux des deux sort un grand cahier de partition de derrière lui.
-Enfin ! Je voulais t'en faire la surprise, mais tu ne semblais pas vouloir faire de pause.
Louis se mort la lèvre et prend le cahier tout doucement, un grand sourire aux lèvres. Il ouvre le livre, le positionne devant lui et après un après un dernier regard pour son professeur, il commence à jouer.
 
 
Una mattina - Ludovico Einaudi 
 
Il est beau. Magnifique. Il est perdu, aussi. Perdu dans la musique. Cela fait deux bonnes heures qu'il joue. Il les a toutes jouées plusieurs fois et il en est à la dernière pièce. Una Mattina. C'est sa préférée. Elle est mélancolique, plutôt lente et ne demande pas beaucoup de technique.
Louis sait que son père n'aimerait pas ce chef d'½uvre, mais là il n'y pense pas. Il pense à lui-même, pour une fois. Il a les yeux fermés (après deux fois il a commencé à la connaître par c½ur) et laisse ses émotions guider la mélodie.
Un raclement de gorge le fait sursauter. Il rouvre vivement les yeux, prend une grande inspiration et se retourne doucement. Quand il voit son meilleur ami Liam, il soupire et relâche ses épaules. Son ami fronce les sourcils en s'avançant vers lui.
-Je t'ai fait peur ?
Louis hausse les épaules et lui fait un petit sourire.
-Pendant une seconde, j'ai cru que c'était quelqu'un d'autre qui était là.
Liam secoue la tête.
-Ton prof est plus là, t'as remarqué ?
-Hein ? Ah... Ah oui tiens.
-Tu jouais quoi ?
Et là, Louis lui offre un de ses plus beaux sourires en lui montrant le recueil. L'autre le prend et examine attentivement le cahier de partitions. Après un moment il relève la tête.
-Tu crois que ça serait joli à la guitare ?
-Non.
Liam réprimande un petit rire. Louis se mord la lèvre et encore une fois, hausse les épaules. 
-C'est un pianiste. Donc c'est forcément plus beau au piano, pas à la guitare.
-Ça dépend.
-Non, si c'était beau à la guitare, il aurait écrit des partitions pour guitare. Et ce n'est pas le cas.
Louis serre les poings. Il sent qu'il devient rouge et il essaye de prendre de grandes inspirations. Mais Liam insiste.
-Il a bien écrit des partitions pour orchestre.
-Mais c'était prévu ! Il joue avec un orchestre quand il est en concert.
-Moi je pense quand même qu'à la guitare classique ce serait magnifique.
-Ça ne peut pas être magnifique. Ce n'est pas écrit pour cet instrument.
Liam soupire et croise les mains sur sa poitrine et Louis ferme les yeux. 
-Pourquoi il faut toujours que tu aies raison, Louis ? Pourquoi est-ce que quand je t'expose mon point de vue, tu dois toujours me contredire ?
-Liam, arrête.
Il y a de nouveau un silence où ils se cherchent tous les deux du regard.
-Tu aimes Clair de Lune de Debussy ?
-Oui beaucoup, ne change pas de sujet.
-Le morceau, malgré qu'il a été écrit pour piano, je le préfère joué à la harpe. La version harpe est très connue.
-Non, c'est moins beau à la harpe.
-Je ne suis pas d'accord, ça a plus de légèreté.
Louis voit rouge. Il voit rouge dans le petit sourire provocant de son ami et dans cette discussion totalement absurde. Il se lève et fusille Liam du regard.
-Bien sûr que ça a plus de légèreté, bien sûr que c'est magnifique, c'est de la harpe! Cet instrument enchante tout le monde Liam!
-À part toi.
-Exactement.
-Pourquoi tu n'aimes pas ?
- Ce n'est pas un instrument qui me parle, c'est lointain, moyenâgeux et c'est associé a des légendes, des mythes. On ne s'accroche pas à quelque chose de réel avec la Harpe.
-Et le piano, ce n'est pas un peu trop banal au contraire ? Avec la Harpe, il y a un sentiment de nouveauté. Le piano tout le monde en joue, c'est un marché sur développé et franchement c'est assez facile-
-Ta gueule !
Louis cri et Liam s'arrête, les yeux ronds. Le pianiste tremble de tout son corps, il a la mâchoire et les poings serrés.
-Louis je-
-J'ai besoin d'une clope. J'ai vraiment besoin de fumer.
Sur ces mots, il se dirige vers la porte, attrape sa veste en jean et claque la porte derrière lui. Il adore son meilleur ami Liam, mais parfois il le déteste, comme maintenant.
 
Il soupire de soulagement quand il tire sur sa cigarette pour la première fois de la journée. Il ferme les yeux et essaye de ne plus penser. Le dos appuyé sur un arbre du campus, il profite du beau temps extérieur. D'habitude, il n'aime pas aller dehors quand il y a du soleil parce qu'il y a trop de monde, il ne veut pas se mêler a tous ces gens qu'il connait à peine. Il rouvre les yeux et c'est quand il voit une jeune fille portant un tee-shirt rose a quelques mètres de lui qu'il repense à lui pour la première fois depuis hier. Harry. Le garçon aux allures féminines qu'il a rencontré au Starbucks où il travaille le week-end. Il se souvient des messages qu'ils ont échangés juste après s'être séparés et il sort son téléphone de sa poche avec un petit sourire. Ce serait mentir que de dire qu'il n'est pas déçu lorsqu'il voit que le jeune garçon ne lui a pas envoyé de nouveau message. Peut-être qu'il devrait lui envoyer un et ne pas attendre ? Il ouvre leur conversation, regarde quelques instants l'espace pour écrire le message et ses doigts se mettent à trembler légèrement quand il commence à écrire. Dès les premiers mots, il efface tout. Il n'aime pas faire ça, c'est ridicule, il n'en a tellement pas l'habitude. Qu'est ce qu'il pourrait bien lui écrire ? Et si Harry l'avait déjà oublié ? Et s'il avait supprimé son numéro ce matin en se levant ? Après cinq essais, des tremblements et des sueurs froides, il laisse tomber. Il verrouille son téléphone en soupirant et se passe une main sur le visage. Il n'a aucun courage. Ce n'est pas facile, il ne sait jamais comment maintenir une relation avec quelqu'un. Il ne fait jamais le premier pas, n'envoie que très rarement des messages et n'appelle pratiquement jamais. C'est pour ça qu'il se demande souvent comment font Liam et Zayn font pour rester amis avec lui. Ils sont là depuis des années et après de nombreuses disputes plus ou moins importantes, ils restent quand même à ses côtés. Après avoir choisi une chanson calme à écouter, il referme les yeux et est presque en train de s'endormir quand une main enlève un écouteur de ses oreilles. Il se redresse vivement et rouvre les yeux. Zayn le regarde avec un sourire en coin.
-Tu ne m'entendais pas alors...
Louis arque un sourcil et pince les lèvres.
- On ne peut jamais se reposer ici, déclare-t-il sèchement.
-Ça ne va pas ?
-Pas vraiment, non.
Zayn fronce les sourcils et se s'assoit a cote de lui. Louis ne dit rien pendant un moment  et puis quand il voit que le métis ne le lâche pas des yeux, il soupire longuement.
-Liam est chiant.
-Ah, il a fait quoi cette fois ?
-Il a voulu avoir raison.
Et malgré son grand effort pour rester le plus neutre possible, Zayn finit par sourire légèrement. Louis le remarque et lui jette un regard assassin.
-Si tu es de son côté, dégage, crache-t-il.
-Arrête! Tu sais très bien ce que je pense de vos disputes à la con. Grandissez un peu, j'suis sûr que vous vous êtes engueulé sur un truc de musique en plus.
Le silence de Louis en dit long et Zayn roule des yeux.
-Sérieusement ? Encore ?
-Bah quoi ? C'est un sujet sensible...
-Je te signale qu'on est tous musiciens ici. Tous. Fais un effort Louis.
Le concerné serre les dents et secoue la tête.
-J'savais bien que tu ne me comprendrais pas, marmonne-t-il en le fuyant du regard.
-C'est une blague j'espère ? Tu sais parfaitement que j'essaye de mon mieux de vous comprendre a chaque fois que vous vous prenez la tête Liam et toi et que c'est toujours moi qui vous pousse a en reparler, réplique Zayn sèchement. Ce n'est pas de ma faute si tu ne peux jamais admettre que tu as tort.
Il avait envie de le frapper, juste là. Louis avait envie de lui faire comprendre qu'il l'emmerdait royalement et il n'avait jamais été très doué avec les mots, alors il avait envie de le gifler. Ce qu'il ne fit pas pour ne pas amplifier le drame. Il se leva sans rien dire et prit son sac. Il ne se retourna pas, entendit parfaitement les cris de Zayn qui le traitait de lâche qui fuyait toujours ses problèmes.
 
Louis a tellement mal au coeur qu'après avoir fumé quatre cigarettes d'affilée, il vomit. Il ne fume jamais quatre cigarettes d'affilée, mais il est a crans et triste. Il se laisse tomber dans l'herbe et les élèves qui passent par là lui jettent des regards concernés. Mais aucun ne s'avance pour lui demander comment il va.
Il essaye de respirer le plus calmement possible, mais il sent la sueur froide descendre le long de son dos, il sent ses mains tremblantes contre son torse et il sent la nicotine qui lui arrache la gueule sur le coup. Cette fois est pire que les précédentes, cette fois-ci il s'en veut. D'habitude s'engueuler avec Liam ne lui fait ni chaud ni froid. Il s'énerve parce que celui-ci veut paraitre supérieur a lui, certes, mais il s'en fout qu'il lui fasse la gueule. Et là c'est différent. Il s'est mis Zayn a dos par la même occasion. Il n'a plus d'amis, ils vont le laisser seul, cette fois il est allé trop loin, il en est persuadé et cela le fait encore plus paniquer. Il ferme les yeux et serre la mâchoire. Se calmer, il faut qu'il se calme, mais son esprit ne semble pas vouloir coopérer, car la première chose qui lui passe par la tête c'est sont père. Ses mots, ses remarques acerbes sur la manière dont il joue, ses moqueries. Mais c'est pour une bonne raison que son père lui dit tout ça, il n'est pas assez bon et il ne le sera jamais. Tout ce qu'il veut c'est un jour être assez performant pour enfin voir cette étincelle qu'il sera reconnaître entre toutes même il ne la jamais vu dans le regard de son père : de la fierté. Jamais,ô grand jamais Louis n'a entendu son père lui dire qu'il était fier de lui, à part peut être dans ses rêves. Mais les rêves ne réalisent pas toujours et cette pensée terrifie le jeune pianiste. Et s'il n'était jamais assez bon ? Y arriverait-il un jour ? Arriverait-il au sommet de la gloire ? Est-ce que l'on parlerait de lui comme l'un des meilleurs pianistes au monde ? Son père parlera-t-il un jour de lui aux gens avec les yeux brillants de fierté et en le pointant du doigt disant « Vous voyez le jeune homme là-bas ? C'est mon fils, c'est lui le meilleur, je suis tellement fier de lui. Je lui ai tout appris et il est enfin à la hauteur de mes attentes. Il est si prodigieux et si beau a voir jouer sur scène. Il a une technique parfaite, je n'ai rien a lui redire. C'est mon fils, Louis Tomlinson, c'est le meilleur, je suis tellement fier de lui.»
 
Quand Louis ouvre les yeux, il respire normalement, ne tremble plus et a beaucoup moins froid. Il a par contre un sacré mal de tête. Cela met un certain temps avant qu'il revienne assez a lui pour réaliser qu'il n'est plus dehors, mais bien au chaud dans un lit de l'infirmerie. Il se redresse vivement et regarde autour de lui tout à fait paniqué. Il n'y a personne ici. Il est tout seul, mais il entend des voix pas loin. Soudain la porte s'ouvre à la volée sur son père qui a l'air totalement furax.
Il est foutu.
Il écarquille les yeux et ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais le plus vieux le devance.
-Qu'est-ce que tu as fait Louis ? demande-t-il d'un ton tout à fait calme, mais glacial.
Celui ci déglutit difficilement et se mord la lèvre, fuyant totalement son regard. Il a peur, il est mort de honte.
-Je...Hum.. Je crois que je me suis évanoui, finit-il par dire d'une voix à peine audible.
-Ah ça oui, tes amis t'ont retrouvé inconscient sur l'herbe dans un coin du campus, il y avait du vomi juste à côté de toi. Tu as pris quelque chose ?
Le pianiste regarde son père totalement horrifié et secoue vivement la tête.
-Mais bien sûr que non! Jamais je ne me droguerai, tu le sais bien!
-Baisse d'un ton avec moi. Tu fumes déjà comme un pompier et tu empestes constamment la cigarette. J'ai tous les droits de penser que tu pourrais prendre de la drogue.
Il lui dit ça d'un ton tellement cassant, tellement dédaigneux que Louis a de nouveau du mal à respirer. Il trouve le courage de regarder son père et a ce moment il repense a son rêve. Il revoit son père lui sourire, le féliciter et parler de lui a tout le monde, le visage rayonnant de bonheur et la réalité est une autre extrême. L'homme face a lui a les traits tirés par la fatigue et les joues rougies par la colère. Il porte sur son fils un regard chargé de reproches. L'étincelle de fierté n'est certainement pas là. Elle s'est sans doute consumée, jamais elle n'apparaitra.  Louis n'est pas digne de son père, et il le réalise encore une fois de plus. Il le réalise tellement fort qu'il n'a même pas le temps de se pencher par-dessus la bassine qui est posée à côté de lui qu'il vomit tout ce qu'il a avalé dans la journée. Il recommence à trembler et alors qu'il entend un grognement de dégout et la porte qui claque, il se met a pleurer pitoyablement.
 
Mark Tomlinson est un homme dur. Tout le monde le sait, tout le monde le dit. Lui, bien évidement, le ne le voit pas. Il ne voit que la réussite.
Depuis son plus jeune âge il savait ce qu'il voulait faire plus tard, musicien. La musique était et est toujours sa passion et sa raison de vivre. Né d'une famille aisée, il a vécu une enfance tranquille où il a été poussé par ses parents à s'intéresser aux arts. Le dessin ne l'intéressait pas, pareil pour la peinture. Il ne voyait ni l'utilité ni l'intérêt de secouer un pinceau pour mettre de la couleur sur une toile blanche. Par ailleurs, il a tout de suite voulu essayer de jouer du piano, dès qu'il en a eu la possibilité. Ce fut quand il eut 5 ans que sa passion pour la musique prit son envol. Son père avait engagé un orchestre leur de la célébration de leur 10 ans de mariage. Il avait écouté tous les morceaux les uns après les autres, ne faisait attention a rien à part la musique qui se jouait. Ils étaient tous magnifiques, concentrés et possédés par leurs instruments a cordes. Il avait envie d'être comme eux, de ressentirent ce qu'il ressentaient, car cela avait l'air puissant. Tous ou presque avaient les yeux clos, bougeaient leurs bras de façon gracieuse tandis que le haut de leur corps se balançait avec légèreté au rythme de la musique. Puis, était venue la dernière pièce. Un solo de violoncelle a coupé le souffle. Il avait regardé de ses yeux d'enfant et avec un mélange d'admiration et de crainte, un homme se démener tel un pantin au service de ce gros instrument qu'il tenait entre ses jambes. On aurait dit un fou. Il avait une expression faciale qui relevait de la passion et du bonheur qu'il ressentait. Il vivait pour son instrument ou bien son instrument le maintenait en vie. Quand le musicien avait fini, personne ne  n'avait réagi vraiment. Ils étaient tous attablés en train de manger leurs dessers sans porter attention à la musique qui n'était plus qu'un bruit de fond tellement les invités parlaient et riaient fort. Personne, sauf Mark bien sûr. Le petit garçon avait bondi de sa chaise et commencé à applaudir tellement fort que les gens s'étaient tus. Il  avait continué d'applaudir, ne fixant que l'homme qui n'avait pas bougé du centre la scène, qui s'était juste levé et qui tenait encore son trésor à cordes fermement contre lui. Le bruit qu'avaient fait les chaussures a talonnettes de Mark avait résonné dans la salle et le petit s'était posté devant le musicien.
-Je veux être comme toi plus tard, avait-il annoncé fièrement. Je veux jouer de ton instrument.
Pendant le restant de la soirée, il avait parlé au musicien et il avait appris que l'instrument qu'il rêvait de jouer s'appelait le violoncelle. L'année suivante, pour ses 6 ans, il avait reçu un violoncelle tout brillant qu'il n'avait plus quitté ensuite.
 
Maintenant il est là, impassible, à regarder son fils se débattre avec le piano. Il est censé jouer un morceau qu'il connait par c½ur, sans aucune hésitation et pourtant il trébuche sur presque tous les accords.
Il ne dit rien jusqu'à ce que le bruit désagréable des notes s'arrête. Il arque un sourcil et s'avance lentement jusqu'au piano.
-Est-ce que je t'ai demandé de t'arrêter ?
Son fils baisse tout de suite la tête et commence a jouer nerveusement avec sa lèvre inférieure.
-Je n'y arrive pas, fait celui-ci d'une voix tremblante. Mark se passe une main sur le visage et pousse un long soupir découragé, cela fait trembler le jeune pianiste. Le plus âgé relève les  yeux et son regard se plante dans celui de son fils. Il serre la mâchoire, inspire un grand coup pour essayer de contrôler la vague de colère qu'il sent arriver.
-Tu ne fais pas de progrès, tu ne fais aucun effort. Louis regarde toi! Tu as une représentation samedi prochain, dans exactement 5 jours. Tu dois jouer parfaitement tout le recueil et il est hors de question que l'on annule. Il s'agit de ton futur jeune homme! C'est ton audition pour faire partie de l'orchestre classique de Londres. Le plus prestigieux de la ville. Je veux qu'ils te prennent et tu vas leur en mettre plein la vue. Compris ? Fais-moi honneur, pour une fois.
Il ferme les yeux, ne veut même pas regarder Louis et quand il les rouvre il le voit, le visage tout rouge, des larmes silencieuses coulant sur ses joues. Il grogne et lui lance un regard noir.
-Reprends-toi, tu vas recommencer le recueil depuis le début.
Il réussit à tenir dix bonnes minutes avant de faire un commentaire. Il a les bras croisés sur la poitrine, se tient derrière son fils et suis la partition simultanément de ses mains. Les doigts s'emmêlent, ils s'accrochent sur les notes noires et blanches. Il ne respecte pas le rythme, il va trop lentement et n'est même pas foutu d'apprendre la partition par c½ur.
-Louis, bordel, va plus vite, je m'endors. Ce morceau et sensé roulé et tu me fous des silences partout. Qu'est ce qu'ils t'apprennent à l'académie, hein ? Tu ne progresses pas, tu régresses. Réveille-toi et continue-moi ces putains de morceaux. Joue-les a la perfection.
Il est sec, il est direct, il n'aime pas que son fils ne réussisse pas à bien jouer. Son fils va bien jouer pour samedi, il peut rester toute la nuit avec lui pour en être sur et certain.
 
Il veut que cela s'arrête, que tout s'arrête. Il veut disparaitre. Ses yeux ne demandent qu'a se fermés, ses oreilles bourdonnent et les ordres de son père résonne au loin, perdus toutes les notes. Louis n'en peu plus. Il voit l'horloge qui le nargue avec ses grandes aiguilles qui affichent fièrement qu'il est déjà 23h30. D'habitude cela ne l'aurait pas dérangé de rester jusqu'à cette heure-ci pour s'entrainer, il le fait très souvent, mais aujourd'hui il est a bout de souffle.
Aujourd'hui été une journée difficile. Il a perdu ses seuls amis, il a fait une crise d'angoisse plus conséquente que d'habitude, et son père a cru qu'il se droguait. Louis est fort, il essaye de l'être, il sait que son père est dur avec lui, mais il sait aussi que c'est de sa faute. Il n'est pas assez bon, il n'est pas assez travailleur et son père le pousse pour son bien. Oui, il est peut-être froid, mais il sait qu'il l'aime et qu'il veut le voir devenir brillant. Il ne sera peut-être jamais fier, mais Louis essayera. Il essayera pour son père. Son père a qui il doit tout. 
-Mais concentre-toi bordel!
Louis relève la tête et s'arrête, en plein morceau. Il croise le regard de son père et il lui sourit. Un petit sourire timide. Il veut montrer a son père qu'il est là près a se battre, mais tout ce qu'il reçoit en retour c'est un froncement de sourcils.
-Qu'est-ce qui te prend à sourire ? T'es toujours sous l'effet de la drogue ? C'est pour ça que tu as joué comme une catastrophe toute la soirée ? Et puis il secoue la tête et relève les yeux vers son fils pour le regarder d'une façon méprisante.
-Monte dans ta chambre tout de suite. On en reparlera demain.
Le jeune pianiste n'est pas savoir comment respirer. Il se croirait en apnée, dépourvu de tout oxygène. Il reste immobile un bon moment sans vraiment réaliser ce qu'il vient de se passer. C'est la porte qui claque qui lui rappelle où il est et pourquoi. Son père vient de quitter la pièce. Il lui a dit d'aller dans sa chambre parce quand Louis a souri, il a cru que c'était la drogue qui faisait encore effet. Louis a souri a son père parce qu'il a eu une vague d'espoir, parce qu'il se croyait prêt a continué et a réussir les variations pour être confiant d'être a son maximum pour la représentation. En échange, il s'est fait accuser d'être sous drogue pour la deuxième fois aujourd'hui. Mais c'est de sa faute, c'est lui qui était dans la lune, à trop penser. Il n'a pas fait attention. C'est toujours de sa faute, c'est lui qui n'est jamais assez bon. C'est lui l'erreur, c'est lui l'échec. C'est lui la honte de son père. Son père qui ne sera jamais fier de lui.
 
Il court jusqu'a sa chambre, se prend les pieds dans la dernière marche de l'escalier et se rattrape de justesse au palier. C'est là qu'il commence à pleurer. De grosses larmes coulent sur sa joue et son corps se met à trembler. Il se jette sur son lit et comme un petit enfant, il cri dans son oreiller. Il n'y a pas de différence vraiment, entre lui et un petit enfant qui fait des caprices. La seule différence qu'il y a réellement c'est la raison de ses pleurs. Il ne pleure pas parce qu'il n'a pas eu le camion de pompier qu'il voulait au pied du sapin, il pleure parce qu'il est perdu. Il ne sait plus. Il a des rêves qui plus le temps avance, plus ils deviennent flous, distants et inaccessibles. Il joue comme une catastrophe, il est une catastrophe et il ne veut pas y croire. À l'étage en dessous, il entend ses parents parler et cela ne l'aide absolument pas à aller mieux. Son père est en train de se plaindre. Il se plaint de lui, spécifiquement. Il raconte à sa femme comment leur fils a mal joué, comment il ne sera jamais près pour samedi et comment il ne pourra jamais faire partie de l'orchestre symphonique de Londres.
Louis ne veut pas entendre la suite de la conversation, il met un de ses oreillers au-dessus de sa tête et ferme les yeux. Il sursaute quand son téléphone vibre dans sa poche, il lâche l'oreiller pour regarder ce qu'il a reçu. Il écarquille les yeux quand il voit le message. Il n'est ni de Zayn, ni de Liam, mais de Harry Styles. Le Harry Styles du Starbucks. Le Harry Styles au pull rose.
De Harry Styles : Hey, salut Louis! Désolé j'ai été occupé aujourd'hui alors je n'ai pas pu t'envoyer aucun message, j'espère que tu ne m'as pas oublié parce que moi certainement pas. Comment tu vas ?
Et Louis sourit à travers ses larmes. Bien sûr, ses mains tremblent un peu quand il tape sa réponse, mais beaucoup moins que ce matin quand il a essayé d'en envoyer un en premier.
De Louis Tomlinson : Bien sûr que je ne t'ai pas oublié, on oublie les gens aussi vite. J'ai eu une longue journée.
Et bien sûr, avant d'appuyer sur la touche envoyée, une centaine de questions lui traversent l'esprit. Il n'a pas mis de point d'exclamation comme Harry au début de son message, est-il trop froid ? Est-ce que son message est trop cour ? Cela fait déjà deux heures que Harry lui a envoyé le message, est-il vexé ? Il prend une grande inspiration et se passe une main sur le visage. Sa main tremble toujours alors il attend. Il attend de se calmer totalement et il prend une grande inspiration avant d'appuyer sur la fameuse touche. Le message est envoyé.
Il est sur le point d'éteindre son téléphone pour dormir quand il voit la notification. Son rappel. Le rappel qu'il s'est installé a la rentrée dans l'académie.
«Stop worrying. YOU NEED TO FUCKING STOP WORRYING»
Son téléphone sonne tous les jours à 18h et ce message apparait. À chaque fois Louis met un certain temps avant de le valider. Il ne le valide que s'il se sent bien. Cela fait longtemps qu'il n'a pas validé le message d'un coup.
Ce soir malheureusement, il ne le valide pas.

Bonjour, bonsoir, 
Je suis nulle pour les mots de fin de chapitres mais... pourquoi ne pas en mettre ? 
Voici donc le deuxième chapitre de mon CC,
qui est une fiction que j'ai en tête depuis bien longtemps et que je suis contente de partager avec vous ! 
J'espère qu'elle vous plaira.
Il y a aussi un hashtag pour la fiction si jamais vous voulez partagez ce que vous pensez de cette histoire sur twitter. ! 
#RoseFic
A demain même heure pour le troisième chapitre. x

03/12/2016

 
Chapitre 3 : Médiocrité



Fly - Ludovico Einaudi 

 
Il n'entend pas la première sonnerie de son téléphone, mais ce réveil en sursaut quand celui-ci recommence à sonner dix minutes plus tard. Il est 6h du matin et Harry a cours a exactement 8h. Il se passe une main sur le visage et soupir. Il sourit quand il entend un miaulement se rapprocher de sa chambre et qu'il voit son gros chat adoré débarquer dans sa chambre. Il lui fait quelques caresses, lui demande s'il a bien dormi et comme il ne s'attend a aucune réponse -c'est un chat, soyons sérieux- il se dirige a la douche. Cela prend longtemps, se doucher. Surtout lorsque l'on s'appelle Harry Styles et qu'on est un accro a la propreté. Il veut se sentir bien dans sa peau, sentir bon et ne jamais avoir de poils. Il se lave le corps avec attention, il met plusieurs couches de savons et frotte bien partout pour être sur qu'il n'a plus aucune saleté. Après vient le rasage : les dessus de bras, les jambes et les parties intimes. Une fois que tout ça est fait, il se rince le corps encore une fois et passe à ses cheveux. Ses cheveux longs soyeux et bouclés qu'il ne veut jamais coiffer d'une autre manière qu'une queue de cheval parfaitement tirée. Il les lave, leur fait quelques soins et sort de la douche tout content. Il est bien réveillé. Une douche froide, cela donne de l'énergie. Il se promène dans son appartement tout sombre et comme tous les matins, il se dit qu'il devrait payer ses factures d'électricité et d'eau chaude. Il le fera plus tard, il n'a pas assez d'argent pour le moment. Il se prend un petit déjeuné rapide et santé qui consiste d'un café et d'une pomme puis il regarde l'heure sur son téléphone. Il est 6h45 et il a reçu un message de Louis Tomlinson. Il sourit comme un idiot et se mord la lèvre. Il lui répond tout de suite. 
De Harry Styles : Je comprends, moi aussi beaucoup de choses a faire. Dis, tu travailles chez Starbucks le soir après les cours ou que les week-ends ? 
 Il veut quand même demander, histoire de savoir si cela vaut le coup de passer au petit café après sa journée. Un café et un mec intéressant, c'est toujours très gagnant. Il retourne dans sa chambre de plus bonne humeur encore. Il rit doucement à la vue de son chat étalé de tout son long à travers son lit. Il s'enlève le peignoir de bain qu'il portait jusqu'à maintenant et commence à s'habiller. Comme Harry est un jeune homme organisé, la pile de ses vêtements qu'il a prévu pour aujourd'hui est posée sur la chaise à côté de son lit. Un slim noir déchiré et hyper serré, un long tee-shirt blanc et une veste en jean. Sans oublie les converses blanches impeccables. Il s'attache les cheveux et se tourne pour se voir de profil dans son miroir. Il est beau comme ça, il se trouve beau. Il rajoute quelques bracelets en cuir et sa croix en argent qu'il met autour de son cou et il est prêt. Il est 7h15 et il a 5 minutes de marche pour arriver au métro. Il va être à l'université dix minutes en avance, comme chaque matin. 
 
Il devrait écouter, franchement, c'est important pour lui s'il veut toujours avoir une chance de passer les examens de fin de session qui approchent plus vite qu'il ne veut le croire. 
Le seul problème est qu'il ne peut pas se concentrer. Pas quand il vient de réaliser qu'il a oublié de remettre du vernis a ongles transparent ce matin. Cela le perturbe tellement qu'il est penché au-dessus de ses deux mains a fixé ses ongles comme s'ils étaient maléfiques. 
-Styles, un problème avec vos mains ? C'est pour ça que vous n'écoutez pas depuis le début du cours ? 
Harry commence à rougir avant même de lever la tête pour regarder son prof. Il entend les ricanements moqueurs tout autour de lui. 
-Nan monsieur, il a surement juste mal appliqué son vernis a ongles. 
Hilarité générale. Harry se retourne pour voir qui a envoyé le commentaire et quand il voit un mec lui envoyer un bisou en prenant un air hyper efféminé, il lui fait un joli doigt d'honneur. Le professeur se racle bruyamment la gorge et tout le monde se calme. Harry se retourne sur sa chaise et écoute pendant le reste cours, une explication interminable sur pourquoi ils devaient tous bien réviser pour réussir leurs examens. C'est quand le cours se termine, que tout le monde sort de la classe et qu'il entend différentes petites insultes a son propos que Harry réalise qu'il n'a encore une fois pas eu de défense de la part du prof. On l'insulte, et jamais personne ne réagit, c'est comme ça que cela a toujours fonctionné, malheureusement. 
 
-J'vois pas comment tu peux fumer, c'est dégueulasse.
-Est-ce qu'on va avoir cette conversation à chaque fois que tu me vois avec une clope dans la bouche ? 
-Surement, oui.
-Oh bordel. 
Harry sourit et son meilleur ami rigole en écrasant le mégot a terre avec son pied. Il relève la tête vers son ami et hausse les sourcils.
-Content ? 
Harry hoche la tête, un petit sourire fier au coin des lèvres et soupir. Il regarde autour de lui, tous les élèves de l'université qui se déplacent à des rythmes différents et qui discutent entre amis. Des fois il se dit qu'il aimerait s'habiller comme les autres pour éviter toutes les critiques et puis il change rapidement. Il aime sa façon d'être, il se sent bien dans sa peau et il ne va pas tout changer pour quelques connards qui ne savent que critiquer. C'est trop important pour lui. Lui il a son meilleur ami blond et irlandais et cela lui va bien.
-Harry ? Est-ce que ça va ? 
Il se tourne vers son meilleur ami et hausse les épaules vaguement.
-J'sais pas vraiment, Niall. Je réfléchis.
Il le voit fermer les yeux quelques secondes et puis se rapprocher de lui. Il passe un bras autour de ses épaules et le bouclé le regarde avec un sourire attendri. 
-Tu sais que tu ne dois pas les laisser te blesser, sinon c'est eux qui gagnent. 
Harry roule des yeux et secoue la tête. 
-Je sais, papa, réplique-t-il un peu blasé. 
-J'suis sérieux là bouclettes, j'aime pas quand tu n'es pas bien à cause de ça tu sais que-
-J'ai rencontré un garçon dimanche! Pour la Saint-Valentin, pendant que j'étais au Starbucks, il a carrément coupé au milieu de sa phrase et lui sourit fièrement. Niall de son côté semble perdu et un peu offusqué. Il en joue d'ailleurs, il porte une main a son coeur et regarde son meilleur ami avec de grands yeux ronds. Harry éclate de rire franchement. 
-Harold, on est mardi, tu l'as rencontré dimanche, ce qui veut dire qu'il s'est passé une journée complète sans que tu ne me dises rien ?! Et moi qui croyais être ton ami.
-Oh ça va arrête ton cirque, je t'en parle là non ? 
-Si tu ne m'en parlais pas maintenant et que je l'apprenais un peu plus tard, tu étais mort, déclare simplement Niall en croisant les bras sur sa poitrine. Encore une fois, Harry se met a rire et pose sa main sur l'épaule de son meilleur ami. 
-Il est mignon, gentil, très discret, intéressant et il bosse a Starbucks. Il s'appelle Louis. 
Niall hausse un sourcil, mais ne dit rien, Harry sait alors qu'il doit continuer.
-C'est un pianiste de la Music Hall Academy, il est plus intéressé par les compositeurs récents que les vieux classiques. Genre Mozart et tous ceux la il n'apprécie pas trop. Lui il préfère le compositeur. Ludovico Einaudi ? Tu connais ? 
Le blondinet réfléchit un bon moment avant de hocher la tête doucement.
-Un pianiste italien qui fait des morceaux assez calmes avec des mélodies assez simples ?  J'connais ouais, il est cool, finit-il par dire avec un vague haussement d'épaules. Harry panique légèrement et se mord la lèvre. 
-J'ai même pas été écouté un de ses morceaux, avoue-t-il un peu honteux. Niall fait affiche encore une fois une expression offusquée puis sourit. 
-Tu sais il ne va as te tuer,  tu n'as rien fais de mal. Par contre tu sais ce qu'il te reste a faire ce soir quand tu rentres chez toi.
Harry hausse les épaules vaguement, ne paraissant pas tout à fait convaincu.
-Tu crois que si je m'intéresse à la musique de ce mec-là, ça va nous rapprocher avec Louis ? 
Niall roule des yeux et avant secouer la tête.
-Mais bien sûr ! Si tu t'intéresses à un truc qu'il aime, ça prouve que tu l'aimes bien, que tu t'intéresses aussi a lui, tu comprends ? 
-Je le vois mal s'intéresser aux vernis à ongles ou aux magazines de beauté.
Il regarde son meilleur ami et sait qu'il a touché un bon point, il a cette expression qui veut dire qu'il ne sait absolument pas quoi répondre et qu'il est embarrassé.
-Harry... Tu sais que..., commence-t-il maladroitement. Le concerné le coupe tout de suite, sèchement.
-Oui, je sais, à chaque fois c'est la même chose. Je ne me trouve personne à cause de ça. 
Il ferme les yeux et déglutit difficilement.
-Ou alors que je trouve quelqu'un ça se très mal. On s'habitue. 
-Hey ! Tu ne méritais absolument pas ce qu'il s'est passé avec ce connard. Il t'a utilisé Harry tu-
-Je sais ce qu'il a fait Niall ! Je le sais parfaitement, je le sais tout le temps, je le sais et je n'arrive pas à oublier.
Le bouclé se tourne pour être dos à son ami, pendant un moment aucun des deux ne disent quoi que ce soit puis Harry reprend la parole.
-Tu sais qu'il a cru que j'étais une fille quand il m'a vu pour la première fois ? 
Cela sort comme ça, tout simplement, et il voit que Niall se fige, Harry sourit légèrement et hausse les épaules.
-C'était la Saint Valentin alors je portais mon pull rose. On a parlé pendant un moment et il m'a demandé pourquoi je m'habillais comme une fille, sa voix est plus faible et il sent une boule se former dans sa gorge. Il sent la main de son meilleur ami sur son épaule et inspire longuement.
-Je n'ai pas su lui dire sur le moment, mais je lui dis que lui expliquerait un jour. 
Il met un certain moment à réaliser ce qu'il vient de dire. Il sent son c½ur s'accélérer, il déglutit et avant qu'il ne dise quoi que ce soit, son meilleur ami le serre gentiment contre lui. Dans ses bras, il se sent bien, en sécurité, caché de tous les gens qui continuent de passer pas loin d'eux.
Ils restent un moment dans cette position et ce n'est qu'au moment où Niall lui chuchote de se clamer, qu'il se rend compte qu'il pleure. Il pleure doucement, mais surement, il pleure parce qu'il n'est pas prêt, qu'il n'aime pas ça et qu'il n'est sûr de rien.
 
Il est sur le point d'ouvrir la porte de son misérable appartement quand une voix l'interpelle.
-Hey ! Styles ! Si je n'ai pas mon putain de loyer demain à la même heure, tu peux dire adieu à ce putain de studio. Tu n'as même pas payé tes factures p'tit con, les huissiers vont se ramener et j'suis sûr qu'ils vont avoir un sacré plaisir à prendre tout le merdier qu'il y a chez toi ! 
Avec un sourire sadique et un rire démoniaque qui finit en quinte de toux presque mortelle, le proprio referme sa porte en un claquement. Harry pousse un long soupir et se passe une main sur le visage. Il n'a pas l'argent. Il n'a presque jamais l'argent pour payer son loyer et ses factures. Les seules fois où il a réussi à se procurer l'argent, c'est quand il avait encore un petit boulot. 
Dès qu'il pose un pied à l'intérieur, il est accueilli par son chat et cela le fait sourire. Il le prend dans ses bras, le caresse distraitement et puis la bête commence a miauler pour réclamer a mangé. Il regarde l'heure sur l'horloge accrochée au mur et son portable commence a vibrer dans sa poche.
-Où est ce que tu étais bordel, tu ne m'as appelé hier ! Tu foutais quoi ? Tu ne regardes pas tes appels manqués ? 
Harry doit se mordre fortement la lèvre pour réprimer son sourire et puis il fronce les sourcils.
-Gemma, je suis en vie, tout va bien. Je n'ai rien reçu parce que mon téléphone est à chier, il ne marche presque plus. –D'ailleurs c'est surement un signe du destin que son téléphone lui ait permis de recevoir les messages de Louis- hier je ne t'ai pas appelé parce que j'ai oublié et que j'avais plein de choses à faire.
Et il a rêvassé de Louis 99% du temps, mais ça bien sûr, il garde ça pour lui. Il entend sa grande s½ur pousser un long soupir de soulagement à l'autre bout de la ligne et il s'en veut de ne pas avoir pensé à l'appeler. C'est leur rituel, tous les jours à peu près à la même heure, ils s'appellent pour se raconter leur journée, pour se donner des nouvelles, savoir si tout va bien. Mais là il a oublié. Il est sur le point de prendre la parole, mais sa s½ur le devance.
-Tu mens. Même quand tu as beaucoup de trucs à faire, tu trouves quand même le temps pour m'appeler. Tu as rencontré quelqu'un ? Elle demande ça d'un ton très léger et Harry devine qu'elle sourit.
-Tu me connais trop bien, finit-il par souffler en riant doucement. 
-J'suis ta s½ur, imbécile. 
Harry inspire longuement et décide de s'assoir dans son canapé pourri, il gère toujours mieux ses émotions quand il est assis. 
-Il s'appelle Louis, je l'ai rencontré au Starbucks dimanche dernier, il lâche tout ça assez vite et attend une réaction. Cela met quelques secondes avant qu'il entende la voix de Gemma.
-Tu l'as rencontré dimanche et tu ne m'as rien dit ? Il trouve ça drôle, son meilleur ami et sa s½ur ont réagi en disant pratiquement la même chose sauf que Gemma ne le prend pas sur le ton de la rigolade. Elle a l'air blessée, elle l'est un peu, il en est quasiment certain. 
-Écoute, Niall m'a reproché exactement la même chose, oui j'ai attendu un peu, j'étais et je suis toujours sur un petit nuage. C'était mon petit secret que j'ai gardé un peu plus d'une journée entière, on ne va pas en faire un drame, si ? 
Il entend Gemma rire doucement et il est tout de suite rassuré, il sourit lui aussi. 
-Je suis contente pour toi. Il est mignon ? 
Et là, Harry rougit et se met à parler sérieusement. Il parle de tout ce qu'il a remarqué chez Louis, il parle de ce qu'il fait, ce qu'il aime, il parle de comment il le trouve attirant. Il parle même du pianiste que Louis adore et qu'il a s'est promis d'écouter lui aussi. Pas une seule fois Gemma ne l'interrompe, mais il sait qu'elle est toujours là qu'elle sourit et qu'elle hoche la tête à ce qu'il dit. Après une bonne demi-heure de discours, Harry s'arrête presque essoufflé, le c½ur battant à toute vitesse. Il n'a vu Louis qu'une seule fois pendant quelques heures et pourtant il peut en parler longtemps sans s'arrêter parce que Louis Tomlinson est une personne dont il faut parler et cette pensée le fait sourire. Bien sûr, il n'a pas parlé de la question que Louis lui a posée parce qu'il connait sa s½ur par c½ur et qu'il sait qu'elle aurait réagi comme Niall et qu'il va se remettre à pleurer. Par chance, sa s½ur change de sujet, mais malheureusement, cela ne l'arrange pas non plus.
-Alors, tout va bien dans ton appart ? Ça fait un moment que je n'en ai pas de nouvelles.
Harry ferme les yeux et se passe une main sur le visage puis se mord la lèvre ne sachant pas quoi répondre. Quand il ment, il bredouille comme un enfant.
-Harry ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
-J'ai plus d'électricité et si je n'ai pas payé le loyer pour demain soir, je peux dire adieu à mon appart, marmonne-t-il rapidement, vraiment honteux.
Sa s½ur soupire longuement et il est sûr qu'elle se pince l'arête du nez, comme a chaque fois que l'on lui dit quelque chose qui l'énerve, mais qu'elle essaye de rester calme.
-Tu n'as pas bientôt  fini de me cacher des choses, Harry ?  
Le ton de Gemma est cassant, Harry sent son c½ur se serrer.
-Je suis désolé et puis tu sais comme je n'aime pas ça, te dire que je suis en manque d'argent.
-Mais tu ne vas pas t'arrêter de vivre à cause de ça, si ? Harry réfléchit un peu ! 
Le bouclé se mord la lèvre et ne répond rien, sa s½ur parle à sa place.
-Tu as peur que j'aille demander de l'argent aux parents, mais je ne le ferais pas Harry, tu as ma promesse là-dessus. J'ai mon propre travail en tant que psychologue et tu sais que cela rapporte bien. Tes factures je peux les payer, tu sais que je le peux. Et si tu veux vraiment te débrouiller tout seul, il faut que tu te trouves un petit boulot, c'est le seul moyen.
Harry se sent mal, vraiment. Même si Gemma le rassure, lui dit qu'elle peut payer que tout va bien, qu'elle peut payer il a compris le sens de sa dernière remarque et c'est une critique. Il ne se sent pas à l'aise, il prend de grandes inspirations et ferme les yeux. Calme. Tu dramatises, elle a raison, tu dois te trouver un travail si tu veux vraiment jouer les grands autonomes. Assume.
Quand il rouvre les yeux, il sourit légèrement.
-J'vais essayer, OK ? De me trouver un boulot, tu sais que c'est juste que je ne suis pas très à l'aise avec le service à la clientèle et c'est là où ils embauchent le plus.
-Je sais, Harry. Je le sais bien. Je t'aiderai à chercher.
Harry hoche la tête même si elle ne peut pas le voir, il se relève de son fauteuil.
Il regarde autour de lui et fronce les sourcils quand il voit l'heure affichée sur l'horloge.
-Il faut que je te laisse, j'ai des trucs à faire. 
-Des trucs à faire ? 
Harry roule des yeux des yeux et secoue la tête avec un petit sourire.
-J'dois réviser Gemma, réviser. Ne commence pas. 
Et cela lui fait plaisir de l'entendre éclater de rire, même si c'est pour un rien. Il sourit comme un idiot pendant qu'elle rigole et quand elle se calme, il est de meilleure humeur. 
-Bye, Gemma, fait-il finalement doucement avec un petit rire. 
-Bye, Harry, répond-elle avec légèreté et la ligne se coupe.
 
Cela fait une heure et demie qu'il est penché sur ses livres au milieu de son lit tout défait. Il n'arrive pas à se concentrer, comme à chaque fois et les mots dansent devant ses yeux sans qu'il n'y comprenne rien. C'est comme s'ils le narguaient. Il a découvert qu'il aime lire, mais il n'aime pas ses cours de littérature. La lecture doit être quelque chose de libre, non pas quelque chose que l'on dissèque. Faire toutes ses analyses lui donne mal à la tête et mal au c½ur. Il a mal au c½ur pour l'auteur qui, surement, en écrivant son livre, se faisait plaisir et pensait faire plaisir a qui qu'onques lirait son livre. Pourtant, là son livre donne mal à la tête à des centaines d'étudiants et Harry trouve cela dommage. La psychologie, c'est ça qui le passionne réellement et il s'en mord encore les doigts de ne pas avoir choisis psychologie quand il en a eu le choix. Il voudrait aider, devenir psychologue, sortir les gens de leur misère et être fier de lui-même et là, tout ce qu'il a devant les yeux c'est une dissertation à moitié finie sur le nouveau livre qu'ils sont sensés avoir lu. Harry ne l'a même pas ouvert une fois et il n'en a rien à faire. 
Avec un long soupir désespéré, il s'allonge et ferme les yeux, trop épuisé pour faire ce qu'il a réellement à faire : ranger son appartement. Il est à moitié endormi quand son téléphone vibre dans sa poche. Il grogne et se retourne et quand il sent le museau humide de son chat contre son front, il grimace et se redresse rapidement.
-Dobby ! Arrête ça !  Il râle puis finit par sourire quand il voit l'animal le regarder avec ses deux grands yeux ronds. Harry se passe une main sur le visage avant bien refaire sa queue de cheval. Son chat le regarde, immobile, toujours aussi perdu avant de bâiller et de se rouler en boule pour se rendormir en quelques secondes. 
Le bouclé pousse un petit cri de surprise quand il voit ce qui a fait vibrer son téléphone. Un message. Un message de lui, de Louis. Louis a répondu à son message et il se peut que la vague de bonheur qui le traverse soit exagérée. D'ailleurs la vague se cogne fortement contre les rochers et détruit tout sentiment de bonheur quand Harry regarde le contenu du message. 
Le message n'est pas méchant, bien sûr que non, la plupart des gens seraient bien contents et répondraient sans se poser aucune question, mais pas Harry. Harry reste immobile, déglutit lentement alors qu'il sent son ventre se tordre. Il regarde le message encore et encore et il se mordille la lèvre. Il ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas quoi faire, il a besoin d'être rassuré et conseillé alors...
-Il m'a envoyé un message ! Enfin, il a répondu à mon message et je crois que je l'énerve, tu sais ? Tu sais quand tu as l'impression que tu énerves la personne juste parce ce qu'elle dit où ce qu'elle fait ? Tu vois de quoi je parle ? J'veux dire, je sais que je suis chiant comme mec, je sais que je suis ennuyeux, mais lui ? Déjà ? Enfin je veux dire, je veux dire. Tu sais, on ne se connait que depuis quelques jours. Oh peut être que-
-Harry ! Harry, calme-toi, respire s'il te plait. Respire bordel. Ferme les yeux et prends une grande inspiration, OK ? J'le fais avec toi. 
Harry ferme les yeux, toujours tremblant, et prend une grande respiration en même temps que Niall au téléphone. Il compte les secondes dans sa tête. 5 pour l'inspiration, 6 pour l'expiration. Ils le font plusieurs fois et quand son meilleur ami reprend la parole, il rouvre les yeux. 
-T'es avec moi Harry ? Ça va mieux 
-Oui, souffle le concerné. Merci.
-De rien. 
Il se passe un petit moment où les deux sourient et puis Harry se racle la gorge.
-Tu... Tu as compris quelque chose du coup ? 
Il entend Niall rire et il rougit en se mordant la lèvre. 
-Oui, je crois que j'ai compris. Louis t'a envoyé un message, c'est ça ? 
-Ouais, c'est ça. 
-Et il dit quoi ce message ? 
Le bouclé fait une petite grimace et baisse les yeux. 
-Tu vas trouver ça con... 
-Harry, ne t'en fais pas pour ça, vraiment. Fais-moi confiance. Est-ce que je me suis déjà moqué pour des choses comme ça ? 
-Non, non ! Je sais, c'est juste que... C'est vraiment con, j'ai vraiment honte. 
-Harry, tu dis avoir honte a chaque fois. Et a chaque fois je te comprends. Je te connais bouclettes, je vois comment tu fonctionnes et je peux imaginer tes réactions.
Le concerné rigole doucement et hausse les épaules.
-Je sais bien, j'ai juste... J'me trouve ridule.
-Qu'est-ce qu'il disait le message ? 
Harry inspire longuement et se lance.
-Il m'a dit qu'il ne travaillait que les week-ends et il m'a demandé pourquoi je lui posais cette question. En fait il a juste dit « pourquoi ? », mais voilà...
-Donc tu as trouvé ça froid. Tu as trouvé le message froid, je me trompe ? 
-Tu ne te trompes pas, répond Harry d'une petite voix gênée.
-Je comprends Harry, je comprends tout à fait et toi à chaque fois que tu reçois un message, tu l'analyses. Tu sais ça ? 
Harry hoche la tête en fronçant les sourcils, pas tout à fait sûr de savoir où Niall veut en venir.
-Quand tu analyses les messages que tu reçois Harry, tu les vois toujours du mauvais côté, tu as constamment des doutes, tu vois des doubles sens là où il n'y en a pas. 
-En gros je suis parano ? 
-Non ! Non, ce n'est pas ça que je veux dire. Je veux juste te faire comprendre que Louis t'a envoyé ce message très naturellement, sans vouloir faire passer un message à part ce qu'il y a réellement écrit. Ce qui est qu'il veut savoir pourquoi tu lui demandes s'il travaille aussi les jours de semaine. Tu comprends ? 
Il a un ton calme, posé et il explique bien et oui, Harry comprend, mais il ne peut s'empêcher de faire un commentaire. 
-Oui, mais, il aurait dû comprendre, non ? Ce n'est pas sorcier, si ? C'est parce que je veux le revoir que je lui demande ça ! 
-Je sais, Harry, je sais. Il ne l'a peut-être pas capté.
Harry grogne de frustration et son meilleur ami laisse échapper un petit rire.
-Dis, Louis est surement juste très occupé. Il est à la Royal Academy of Music si je me souviens bien. Les étudiants là-bas bossent comme des fous quand ils sont vraiment bons.
Le bouclé laisse échapper un long soupir et se passe une main sur le visage, il a mal à la tête maintenant. 
-T'as raison, je n'avais pas pensé à ça, marmonne-t-il doucement, puis il ouvre la bouche et écarquille les yeux, soudainement scandalisé. 
-Et s'il ne voulait pas me revoir lui ?! Il peut m'avoir posé la question parce qu'il ne veut pas me revoir, mais qu'il ne veut pas le dire ? Peut-être qu'il a honte, imagine s'il a honte, mon dieu je-
-Bonne fin de soirée, Harry, fait Niall et il raccroche avant que Harry ne puisse répliquer. 
Le bouclé soupire longuement et regarde son téléphone qu'il tient dans sa main. Le message est encore devant ses yeux et Harry résiste contre l'envie de le supprimer. Il n'est même pas sûr de pouvoir y répondre, il va attendre un peu. 
 
La lampe de sa table de chevet s'allume le lendemain matin quand il appuie sur l'interrupteur par réflexe. Il reste immobile à fixer la lampe, se demandant s'il est encore en train de rêver ou si l'électricité et finalement revenu. Il a le réflexe de regarder son téléphone et sourit comme un idiot quand il voit de messages de Gemma.
De Gem : Et la lumière fût ! 
De Gem : Suivit de près par la connexion internet. De rien :)
Il secoue la tête et la remercie encore une fois avant de commencer à se préparer à aller en cours.
 
Une fois qu'il est assis à sa place habituelle dans le métro, premier banc du wagon près de la fenêtre, il pense à écouter le pianiste que Louis aime tant. Il tape son nom dans la barre de recherche Spotify et quand il voit toutes les chansons apparaître il choisit la plus écoutée. Il se s'installe confortablement dans le siège et ferme les yeux. Il se laisse bercer par le doux morceau. 
Il n'a jamais été doué pour décrire un morceau de musique. Il ne sait qu'apprécier ou non. Là, après les premières secondes du morceau il sent une vague de tristesse l'envahi. C'est un sentiment étrange qui lui prend le ventre et qui lui prend la gorge. Il se sent horriblement seul, seul parmi tous ses gens qui ne se parlent pas et ont l'air plongés eux aussi dans leurs pensées. Son esprit â lui divague sur des souvenirs dont il ne veut absolument pas se souvenir et quand il sent une première coulée sur sa joue, il l'essuie rageusement. Il enlève ses écouteurs d'un coup sec et prend de grandes respirations pour retrouver son calme. Que toutes ses pensées négatives quittent sa tête au moins pour un moment. Et c'est à ce moment-là qu'il décide qu'il n'aime pas du tout la musique du pianiste Ludovico Einaudi. 
 
Pendant les cours ce ne sont plus ses ongles qui captent son attention, mais son téléphone. Il veut répondre à Louis, mais à chaque fois qu'il commence à écrire le message, il efface tout dans les secondes qui suivent. Il faut qu'il passe au-dessus de ça pourtant. Il doit lui répondre et essayer de ne pas se poser mille et une questions. L'heure passe tranquillement et quand la cloche sonne la fin du cours, Harry se rend compte qu'il n'a rien suivi, encore une fois. Il prend son sac, se lève et s'apprête à sortir de l'amphithéâtre quand une voix l'interpelle. 
-Styles, venez me voir s'il vous plait.
Il fronce les sourcils avant de se retourner et descend à contrec½ur les marches pour se rendre près du professeur. Celui-ci reste impassible et attend quelques instants que tous les étudiants soient sortis pour finalement soupirer. Harry pince les lèvres et fait une petite grimace.
-Vous ne m'avez pas envoyé votre analyse de littérature qui était due hier soir, j'ai dû vous mettre 0, fait le professeur d'un ton très calme et Harry peut très bien voir son regard désolé. Il secoue la tête et hausse les épaules vaguement.
-Je... Je suis désolé... J'avais... 
Je me suis endormi et après j'ai paniqué pour un putain de message et j'ai oublié de finir votre putain de devoir à la con.
-... J'avais la tête ailleurs. 
-Vous avez souvent la tête ailleurs ces temps-ci, je vous ai à l'½il, vous ne faites plus du tout attention au cours. Quelque chose ne va pas ? 
-Je... Je pense changer de programme, déclare-t-il finalement d'une voix incertaine. 
-Je m'y attendais. 
La réponse surprend le plus jeune, il relève le regard avant d'esquiver un sourire, content que la situation ne soit pas trop étrange. L'enseignant le regarde et rit doucement. 
-J'aimerais que vous fassiez une chose en échange. 
Tout de suite, Harry se fige et s'attend au pire. C'est instantané, ça le prend comme ça et il recule un peu en secouant la tête, le professeur le remarque et fronce les sourcils et tends le bras vers lui.
-Vous allez bien Styles, je suis désolé, je me suis mal exprimé, dit-il rapidement, franchement surpris de voir son élève réagir d'une telle façon. Harry reste sur la méfiance, mais s'avance un peu, le défiant un peu du regard. 
-Vous voulez quoi de moi ? 
Et là, son le professeur affiche un sourire en coin et réprime un petit rire. 
-Veuillez régler cette chose qui captait votre attention sur votre téléphone pendant les deux heures que vous avez passées dans mon cours, s'il vous plait. 
Harry croit sérieusement halluciner. 
 
Dès qu'il rentre chez lui, il appelle Gemma et lui raconte ce qu'il s'est passé avec son prof. Au début elle l'engueule parce qu'il va rater ses examens s'il continue comme ça, mais après elle éclate de rire alors le bouclé se dit qu'elle a réagi comme il s'y attendait. Elle lui répète une bonne dizaine de fois qu'il devrait répondre à son message avant qu'il ne manque sa chance et lui dit de ne pas trop se poser de questions.
Ha. Ha. Ha.
 
De Harry Styles : Je voulais savoir si tu voulais que l'on se revoie ? Ça te dirait ? 
Envoyé. Le message est enfin envoyé et Harry n'est pas sûr de comment se sentir. Il a une grande envie de disparaitre dans les couvertures de son lit et de ne plus jamais en ressortir. Alors c'est ce qu'il fait. Il se fout la tête dans les couvertures et prend une grande inspiration. Il ferme les yeux et essaye de se détendre. Il ne veut pas penser au message qu'il vient d'envoyer alors à la place il se concentre sur le fait que sa queue de cheval va être vraiment défaite et qu'il va devoir se recoiffer. Quand il sent son téléphone vibrer à côté de lui, il voit sa vie défiler devant ses yeux. Il referme les poings sur ses draps et respire calmement. 
Ne pas avoir peur, ne pas avoir peur du rejet, de la moquerie ou de l'indifférence. Tout va bien Harry. Tout va bien Rose. Il gémit et rouvre les yeux grandement, sa respiration s'accélère. Il voulait se rassurer tout seul. Pourquoi a-t-il pensé à ça ? Putain de merde, il ne va jamais y arriver. Il n'arrive pas penser tout seul, il ne va jamais y arriver. Il se calme encore quelques secondes avant de trouver le courage pour se redresser et sortir des draps. Quand il regarde le message, les vagues de bonheur reviennent pour le frapper en plein c½ur et ça fait un bien fou. Il sourit comme un gros débile et se mord la lèvre en rougissant. Un adolescent en crush, c'est ce qu'il est. 
De Louis Tomlinson : Tu veux venir demain au Starbucks à 14h ? Je ne travaille pas, mais on peut se voir là-bas. 
Bon. D'accord. Le message n'est toujours pas le plus gentil et le plus mignon de l'univers, mais Harry se souvient de ce que lui a dit Niall hier soir et il prend sur lui. Son meilleur ami serait fier de lui, il se fait la promesse de lui raconter ça. Ses doigts tremblent toujours quand il tape sur les touches de son clavier, mais il n'a pas à réfléchir pendant 10 ans à quoi répondre. 
De Harry Styles : Parfait ! À demain ! :)
Oui, oui bien sûr qu'il a rajouté un smiley qui sourit. Bien sûr qu'il n'a pas résisté. Et il en est fier d'ailleurs, il n'a pas honte, pour une fois. 
La réponse vient instantanément et le c½ur d'Harry menace de bondir hors de sa poitrine et prendre la fuite. 
De Louis Tomlinson : À demain ! :)
Un smiley et un point d'exclamation, c'est le Jack Pot. 
 
Il est 22h30 quand Harry s'endort, un sourire aux lèvres, le téléphone contre l'oreille et son meilleur ami qui rit doucement à l'autre bout de la ligne. Cela fait une heure qu'ils sont au téléphone et que Harry fait part de son excitation surdimensionnée à son meilleur ami. Et il s'est endormi de fatigue, en pensant joyeusement à demain avec un sourire reposé,  heureux sur le visage et il ne pourrait pas aller mieux. 
Voici le troisième chapitre !
On a maintenant  une idée plus approfondie de qui sont les personnages de Louis et Harry et on va alors assister a leur évolution. 
En espérant que ce chapitre vous plaira,
À demain pour la suite. Bonne lecture !

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